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Wake boats et santé des lacs : les municipalités n’ont plus les moyens d’attendre

Publié le 17 juin 2026

Et si protéger nos lacs coûtait moins cher – et moins d’énergie politique – aux municipalités ? C’est le pari de la Coalition Navigation, qui appelle les villes du Québec à se joindre à une démarche nationale pour encadrer les wake boats et les sports de vague sur les plans d’eau intérieurs

Sur le terrain, de plus en plus de conseils municipaux se retrouvent en première ligne des conflits entre plaisanciers, riverains, pêcheurs et gestionnaires d’eau potable. Derrière les images spectaculaires de wakesurf, la science montre une réalité préoccupante : remise en suspension des sédiments, hausse de la turbidité, remise en circulation du phosphore et risques pour les herbiers et les zones littorales. Pour les élus, l’enjeu n’est pas d’opposer loisirs et environnement, mais de décider où, quand et à quelles conditions ces usages peuvent être compatibles avec la capacité réelle du plan d’eau.

Le problème, souligne la Coalition Navigation, c’est que le cadre actuel ne suit plus. Pour obtenir des restrictions adaptées, les municipalités doivent passer par le Règlement sur les restrictions visant l’utilisation des bâtiments (RRVUB), un processus long, coûteux et incertain. Le cas du lac Saint-Joseph est devenu emblématique : trois municipalités impliquées, plus de 500 pages de documents, 10 formulaires, 114 fichiers déposés à Transports Canada, deux consultations publiques et des sondages en ligne, pour des restrictions largement appuyées par la population.  Malgré des taux d’adhésion allant de 76,7 % à 92,7 %, avec une moyenne de 88,5 %, les élus se sont fait demander de recommencer en abrogeant d’abord les anciennes règles désuètes.

Pour un seul lac, la facture est estimée à plus de 260 000 dollars, sans compter le coût de la dégradation de la qualité de l’eau.  À l’échelle du Québec, la présentation à l’UMQ avance que si 3 500 lacs devaient entreprendre une telle démarche, le coût cumulé dépasserait le milliard de dollars en temps de fonctionnaires fédéraux, sans compter le temps et l’investissement des municipalités. Plusieurs maires ayant participé au comité de navigation de plaisance de l’UMQ ont d’ailleurs dénoncé l’ampleur de la lourdeur fédérale.

La Coalition Navigation propose un changement de logique : plutôt que de multiplier les batailles « lac par lac », le gouvernement fédéral adopterait des normes nationales fondées sur les meilleures connaissances scientifiques, et les municipalités en assureraient l’application.  Les paramètres mis de l’avant sont clairs : environ 300 m de recul par rapport aux rives, 7 m de profondeur minimale pour éviter le brassage des sédiments et, pour la pratique, des passages d’au moins 600 m de largeur.  Les cartes bathymétriques, les herbiers, les zones de fraie et les baies sensibles devraient ensuite guider le zonage local .

Ce modèle n’a rien de théorique : la présentation cite le Vermont, le Maine, le Wisconsin et le Minnesota parmi les juridictions ayant déjà adopté des cadres pour encadrer les sports de vague.  Au Québec, une analyse mentionnée à l’UMQ conclut qu’environ 1 % seulement des lacs auraient les caractéristiques nécessaires pour accueillir des wake boats sans affecter significativement la qualité de l’eau.

Selon la Coalition Navigation, le moment est venu pour les municipalités de parler d’une seule voix. L’Union des municipalités du Québec a signé une lettre d’appui à la démarche de la Coalition Navigation. En adoptant une résolution d’appui, chacune de villes du Québec peut envoyer un signal encore plus clair à Ottawa : les élus locaux sont prêts à agir, mais ils ont besoin de règles cohérentes, applicables et scientifiquement fondées pour protéger durablement la qualité de l’eau, les berges et la cohabitation des usages.

Pour consulter la résolution, cliquez ici.

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