Publié le 7 mai 2026
Nids-de-poule qui se multiplient, aqueducs fragilisés, services de proximité sous tension : partout au Québec, les municipalités font face à des choix de plus en plus difficiles. Une nouvelle étude commandée par l’UMQ vient mettre des chiffres sur une réalité que les élues et élus municipaux dénoncent depuis des années : les responsabilités confiées augmentent beaucoup plus vite que leurs moyens pour y répondre.
Cette étude dresse un constat préoccupant. Entre 2014 et 2025, les dépenses municipales ont bondi de près de 48 %, alors que les revenus n’ont pas suivi le même rythme. Le cœur de cette pression financière se trouve dans les infrastructures.
Routes, réseaux d’eau, bâtiments municipaux : tout vieillit en même temps, dans un contexte où les coûts de construction explosent. Résultat, les investissements en immobilisations des municipalités ont augmenté de plus de 75% en une décennie, et les municipalités financent déjà près des deux tiers des infrastructures publiques au Québec.
Malgré ces efforts, l’écart continue de se creuser. Selon les projections de l’étude, si rien ne change, les municipalités feront face à un manque à gagner minimal de 9 milliards de dollars d’ici 2035. Ce déficit pourrait même se chiffrer jusqu’à plus de 50 milliards de dollars. Une trajectoire impossible pour les finances municipales.
Cette pression ne se limite pas aux tuyaux et à la voirie. Ces dernières années, les municipalités sont devenues des acteurs de première ligne dans des dossiers qui dépassent largement leurs champs de compétences traditionnels. Itinérance, habitation, adaptation aux changements climatiques, transport collectif : autant de responsabilités qui se sont ajoutées sans financement stable et prévisible. À titre d’exemple, les besoins liés à l’adaptation climatique sont estimés à près de 2 milliards de dollars par année pour les municipalités jusqu’en 2055.
Pour l’UMQ, le véritable enjeu structurel est le modèle fiscal qui ne reflète plus la réalité des services rendus sur le terrain. Face à cette situation et à l’appui de l’étude, l’UMQ porte plusieurs demandes auprès du gouvernement du Québec :
En complément, les recommandations du chantier sur la fiscalité et les finances municipales, coprésidé par Monique Jérôme-Forget et Nicolas Marceau, seront dévoilées en mai lors des Assises annuelles de l’UMQ. Elles proposeront des pistes de solutions crédibles pour corriger les déséquilibres actuels et bâtir un cadre financier plus juste et mieux arrimé à la réalité du terrain.
Pour consulter l’étude sur les pressions financières, cliquez ici.
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