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2022 : l’année de l’habitation

Publié le 1 février 2022

Ce texte d’opinion a été publié le 29 janvier dernier dans Le SoleilLe DroitLe NouvellisteLe QuotidienLa Tribune et La Voix de l’Est.

Toutes les crises exacerbent les inégalités. La crise sanitaire que nous connaissons n’y fait pas exception. Le Québec est toujours confronté à de nombreux défis qu’on ne doit pas perdre de vue, notamment en matière d’habitation. La pénurie de logements s’est cristallisée avec la pandémie. Ce n’est plus un enjeu urbain uniquement, mais bien un enjeu qui touche toutes les régions du Québec et qui génère des conséquences importantes pour les municipalités, même les plus petites. Il nous faut agir maintenant en mettant en place des actions fortes et efficaces qui visent trois principes fondamentaux : l’abordabilité, l’accessibilité et l’équité.

L’abordabilité est au cœur de l’enjeu. Les logements connaissent depuis plusieurs années une hausse de prix soutenue et la pandémie a accéléré cette tendance, en plus de doper de façon démesurée les coûts de construction. Pendant la dernière année, le prix des loyers a littéralement explosé, prenant plusieurs personnes au dépourvu. Nous sommes confrontés à un déséquilibre du marché immobilier qui fait gonfler le prix des logements. Cette situation force les locataires à consacrer une plus grande part de leur budget pour se loger, ce qui entraîne des répercussions directes sur leur qualité de vie. Le marché en surchauffe encourage également la surenchère. Pensons, par exemple, aux jeunes couples et aux jeunes familles. Pour les premiers acheteurs, faire l’acquisition d’une propriété est presque devenue une mission impossible puisque la plupart d’entre eux n’arrivent même pas à amasser la mise de fonds nécessaire.

Les problèmes d’accessibilité sont de plus en plus criants. Tous les types de logements sont difficiles à dénicher, les taux d’inoccupation étant inférieurs au point d’équilibre du marché un peu partout. Les délais des nouvelles constructions et la difficulté d’approvisionnement en matériaux provoqués par la pandémie sont venus diminuer l’offre de logements déjà insuffisante. Nous sommes aux prises avec un manque structurel de logements, le parc de logements sociaux et abordables s’effrite.

L’équité fait ressortir le côté humain de l’habitation. Il faut dire que la hausse du prix des logements touche d’abord et avant tout les personnes les plus vulnérables de notre société, celles et ceux qui sont incapables de suivre la cadence du marché actuel. Ces gens doivent composer avec le risque de subir une éviction et de se retrouver à la rue, ou encore, ils doivent se contraindre à vivre dans des logements trop petits ou insalubres. Nous devons agir maintenant pour prévenir la précarisation d’une partie de la population.

Un logement n’est pas un bien comme les autres, c’est un élément constituant essentiel à la qualité de vie de toutes et tous. Pour être en mesure de contribuer pleinement à la vie économique, sociale et culturelle, chaque personne doit pouvoir compter sur un toit de qualité.

Depuis trop longtemps, on répond au compte-gouttes aux besoins urgents de nos populations. Il faut faire les choses autrement, être innovant, avant-gardiste et agile. Le Québec se doit d’être un modèle en matière d’habitation.

Le milieu municipal est unanime. Il est primordial d’alléger les lourdeurs administratives, souvent incohérentes avec les réalités d’aujourd’hui, et de bonifier de façon pérenne les programmes de financement. Il faut des mesures plus musclées et surtout, plus adaptées aux différentes dynamiques régionales.

L’année 2022 est une année électorale pour le Québec.

L’année 2022 est l’année de l’habitation pour le milieu municipal.

Daniel Côté, président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et maire de Gaspé ;

Guillaume Tremblay, deuxième vice-président de l’UMQ, président du comité sur l’habitation de l’Union et maire de Mascouche ;

Yves Montigny, maire de Baie-Comeau ;

Mathieu Lapointe, président du Caucus des municipalités de centralité de l’UMQ et maire de Carleton-sur-Mer ;

France Bélisle, mairesse de Gatineau ;

Julie Bourdon, mairesse de Granby ;

Stéphane Boyer, maire de Laval ;

Catherine Fournier, mairesse de Longueuil ;

Valérie Plante, présidente du Caucus des grandes villes de l’UMQ et mairesse de Montréal ;

Cathy Poirier, mairesse de Percé ;

Bruno Marchand, maire de Québec ;

Julie Dufour, mairesse de Saguenay ;

Joé Deslauriers, président du Caucus des municipalités locales de l’UMQ et maire de Saint-Donat ;

Évelyne Beaudin, mairesse de Sherbrooke ;

Marc-Alexandre Brousseau, président du Caucus des cités régionales de l’UMQ et maire de Thetford Mines.

 

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