Partager

Lettre ouverte – Les jeux olympiques des politiques migratoires : changer les règles avant la ligne d’arrivée

Publié le 7 février 2026

Alors que le monde entier écoute les Jeux olympiques et encourage les athlètes du monde entier, un tout autre type d’épreuve se déroule au Québec. Pour des milliers de personnes qui vivent, travaillent et étudient chez nous, les politiques migratoires sont devenues une course d’endurance où les règles changent en plein milieu.

Aujourd’hui, des marches sont organisées un peu partout pour dénoncer l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

Dans le sport, il y a une règle que tout le monde suit : on ne change pas les règles une fois la partie commencée. Imaginez qu’une des équipes canadiennes de hockey se qualifie pour la finale des Jeux olympiques puis qu’on lui annonce, à la veille du match décisif, que les critères ont changé et que sa qualification n’est plus valide. Ce serait impensable et ce serait une profonde injustice.

C’est pourtant exactement ce que vivent en ce moment des milliers de personnes immigrantes. Elles ont appris le français, sont en emploi, payent des taxes et participent à la vie de leur communauté. On leur avait dit qu’en suivant le parcours du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), elles auraient une vraie chance d’obtenir la résidence permanente. En cours de route, les règles ont changé. Pour certaines d’entre elles, cette possibilité est même devenue quasi inaccessible.

Rarement au Québec, on aura été aussi unanimes sur un enjeu de société. Dans toutes les régions, le message est clair : nous avons besoin de ces personnes. Les régions connaissent leurs besoins, leur population et leur capacité d’accueil mieux que quiconque. Pourtant, les décisions sont prises loin du terrain, sans tenir compte des impacts bien réels. Résultat : on peine à garder des travailleuses et travailleurs, à planifier le développement dans les municipalités et à maintenir des services essentiels.

Chez nous à Mascouche, comme ailleurs, ces personnes travaillent dans nos usines, nos commerces, nos CHSLD, nos garderies, nos hôtels, nos services municipaux. Dans plusieurs régions, elles occupent des postes indispensables faute de candidatures locales. Sans elles, l’économie ralentit et la vitalité des communautés s’effrite.

Forcer leur départ après tant d’années d’efforts, c’est affaiblir le Québec. C’est déraciner des familles, fragiliser des entreprises et pénaliser les régions.

Une société accueillante ne peut pas transformer l’immigration en une course à obstacles permanente. Accueillir, c’est aussi offrir de la prévisibilité, du respect et une ligne d’arrivée clairement identifiée.

Alors aujourd’hui, marchons avec un cœur bleu pour affirmer notre solidarité envers celles et ceux qui contribuent à la vitalité de toutes les régions.

Guillaume Tremblay
Président de l’Union des municipalités du Québec
Maire de Mascouche

Suivez-nous