Publié le 20 mars 2026

Lors des dernières Assises annuelles, l’UMQ a rendu hommage à plusieurs figures marquantes du monde municipal. Parmi elles, Alexandre Cusson, ancien maire de Drummondville et ex-président de l’UMQ, s’est vu remettre le titre de Membre honoraire afin de souligner son engagement en faveur de l’avancement et du rayonnement des municipalités.
Comment avez-vous réagi à cette reconnaissance de l’UMQ ?
Ce fut une vraie surprise ! On ne s’implique jamais en politique municipale en vue d’obtenir une reconnaissance. Évidemment, j’ai ressenti une grande fierté. Ayant moi-même participé à reconnaître des membres à titre de président de l’UMQ, je sais à quel point cette démarche est sérieuse et exigeante. C’est un véritable honneur que je reçois et j’éprouve beaucoup de gratitude envers l’UMQ.
Ce prix, je tiens à le partager avec toutes les personnes élues qui m’ont fait confiance et aussi avec l’équipe de la permanence de l’UMQ avec qui j’ai travaillé étroitement pendant plusieurs années. En tant que président et maire, on porte le drapeau, mais les honneurs sont toujours partagés avec le collectif.
Quels moments de votre parcours vous rendent le plus fier ?
À Drummondville, l’obtention du campus universitaire reste un moment marquant. Le dossier a dû être entièrement renégocié dans un contexte de grande rigueur budgétaire. Le jour où la décision est tombée demeure inoubliable. Contribuer à amener une université dans une ville, c’est contribuer à façonner son avenir et celui des générations futures.
À l’UMQ, la signature du pacte fiscal en 2019 a été un jalon majeur, qui a débouché sur le partage d’un point de TVQ. À mes yeux, c’était le premier pas vers une transformation de la fiscalité municipale qui se poursuit aujourd’hui. La fiscalité est d’ailleurs toujours un des défis actuels pour les municipalités. On leur demande d’être des municipalités du XXIe siècle alors qu’elles sont limitées par une fiscalité du siècle dernier.
Enfin, je suis également fier du rayonnement accru des deux organisations pour lesquelles j’ai œuvré, la Ville de Drummondville et l’UMQ. Être présent dans l’espace public et dans les débats était essentiel pour se faire entendre et faire valoir les réalités municipales.
Quelles qualités sont indispensables pour exercer un leadership dans le monde municipal ?
L’écoute et l’empathie sont fondamentales. Aujourd’hui, les citoyennes et citoyens s’adressent à leur municipalité pour tout, même pour des questions qui sont situées en dehors de son champ de compétences. Cela force les personnes élues à mieux comprendre pour être en mesure de mieux les représenter.
Je dirais aussi qu’il faut apprendre à être patient, même si les projets n’avancent pas au rythme auquel on le voudrait. La concertation demeure toujours payante. Le respect des rôles est également essentiel. Une personne élue doit assumer pleinement son rôle, sans empiéter sur celui de l’administration et vice-versa.
Quel conseil donneriez-vous aux personnes élues aujourd’hui ?
Prendre leur place sans aucun complexe. Et considérer le palier municipal comme un équivalent aux autres paliers gouvernementaux. Je dirais même que le terme de « palier supérieur » est à proscrire ! C’est également gagnant de rester le plus loin possible de la partisanerie en politique municipale. La politique municipale est toujours plus efficace lorsqu’elle est pragmatique, patiente et orientée vers les besoins de la population. Un petit pas vaut souvent mieux qu’un refus de principe.
Êtes-vous encore engagé dans la politique municipale ?
Oui, mais d’une autre manière. Je demeure très en contact avec le milieu, comme conseiller stratégique et conférencier. J’ai toujours autant de plaisir à travailler avec les municipalités et les personnes élues. Je crois que le réflexe municipal ne nous quitte jamais vraiment.
Cette entrevue a été publiée dans le magazine URBA de mars 2026.
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