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Télesphore-Damien Bouchard, cheville ouvrière de l’UMQ

Montréal, le 15 mars 2019 – Surnommé « le Diable de Saint-Hyacinthe », Télesphore-Damien Bouchard est un politicien qui n’a jamais eu la langue dans sa poche. Polémiste dans l’âme, il sait faire appel à ses talents d’orateur pour faire avancer les causes qui lui tiennent à cœur. Ayant d’abord entamé des études en droit à l’Université de Montréal, c’est plutôt dans le domaine du journalisme qu’il trouve sa vocation. Dès 1899, il collabore avec de grands quotidiens comme La Patrie et La Presse. Il devient ensuite propriétaire du journal L’Union de Saint-Hyacinthe en 1903 et en change le nom pour Le Clairon de Saint-Hyacinthe en 1912. Il fonde plus tard d’autres quotidiens comme En avant et Le Clairon de Montréal (qui deviendra Le Haut-Parleur en 1950). Ces différents journaux lui servaient à diffuser ses idées progressistes comme le suffrage féminin et la gratuité scolaire.

Parmi ses grandes réalisations, on peut compter la municipalisation, puis la nationalisation de l’électricité. Très actif dans ce dossier dès les années 1920, il devient en avril 1944 le premier président d’Hydro-Québec. Il est aussi l’un des plus fervents partisans de l’abolition des rentes seigneuriales. En 1933, il montre l’exemple en rachetant les terrains seigneuriaux de Victor Morin sur le territoire de Saint-Hyacinthe pour y faire construire le quartier résidentiel de Bourg-Joli. Il devient d’ailleurs président du Syndicat national de rachat des rentes seigneuriales (SNRRS) de 1935 à 1944, date de l’abolition de ces rentes.

En plus de tous ces engagements, Bouchard est une figure majeure du monde politique québécois. Il devient d’abord député libéral de Saint-Hyacinthe en 1912 pour ensuite devenir maire de la ville en 1917. Pendant presque 30 ans, il occupe simultanément les deux postes de façon presque ininterrompue. Durant cette période, il favorise énormément le développement de Saint-Hyacinthe et dirige plusieurs ministères sous les gouvernements Taschereau et Godbout. Il est chef de l’opposition officielle de 1936 à 1939 à la place du chef Adélard Godbout, qui n’a pas réussi à se faire élire. Il devient finalement sénateur en 1944, poste qu’il occupe jusqu’à sa mort en 1962.

Son statut particulier d’homme politique provincial et municipal en fait un atout important pour l’UMQ. Bouchard participe à sa fondation et en devient le premier secrétaire-trésorier. Il y joue surtout le rôle d’intermédiaire avec l’État provincial, permettant à l’Union d’obtenir à plusieurs reprises l’aide du gouvernement. Son concours permet de faire avancer plusieurs dossiers qui lui tenaient à cœur en tant que maire, par exemple le dossier de la municipalisation de l’électricité. En effet, en 1932, il convainc le conseil exécutif de l’Union de créer un comité spécial chargé de militer auprès du gouvernement provincial en faveur de la municipalisation. Ses démarches portent fruit puisqu’en 1934 le gouvernement Taschereau crée une commission d’enquête sur la question, la commission Lapointe. Dix ans plus tard, Hydro-Québec voit le jour. Bref, ce qu’il faut retenir de cet homme, c’est surtout son ardeur à se battre pour les intérêts du monde municipal, que ce soit par les mots ou par les gestes.

Pour ne rien manquer des activités entourant le centenaire de l’UMQ, visitez régulièrement la section spéciale du site Web de l’Union au cours des prochains mois et suivez les publications à venir sur les réseaux sociaux par le biais du mot-clic #100ansUMQ.

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