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Repenser l’UMQ (1966-1967)

En 1966, le changement de garde à l’Assemblée législative du Québec amène l’Union vers l’introspection face à ses buts et ses fonctions sur la scène politique québécoise. Ainsi, le 26 novembre, à la suggestion du président George Hébert, on discute d’organiser au début de la nouvelle année une « retraite fermée » afin de « repenser, redéfinir les objectifs de l’Union, sa raison d’être et ses moyens d’action dans un optique bien à jour, bien dans le présent tout en prévoyant une projection dans l’avenir ».

La proposition est accueillie avec enthousiasme par les administrateurs. On décide donc de former un comité organisateur et des propositions pour la retraite sont suggérées et discutées. On choisit aussi d’attendre après cette retraite pour décider du thème du prochain congrès annuel. Il est finalement décidé que la retraite se tiendra les 14 et 15 janvier 1967 à la Maison Montmorency de Québec.

La veille de la retraite, durant une rencontre du conseil d’administration, l’échevin de Montréal Jean-Paul Forest, nouvellement élu à l’exécutif, partage sa perception de l’UMQ. À ses yeux, l’Union ne semble pas réaliser beaucoup de choses puisque ses résolutions sont rarement discutées par le gouvernement. Il croit donc que les municipalités doivent se montrer plus proactives et aller vers le gouvernement pour l’amener à discuter des enjeux qui les touchent. Ses collègues adhèrent en majorité à ses propos et Yves Ryan suggère même d’en faire la base des discussions de la retraite.

Deux jours plus tard, les administrateurs font le point sur cette expérience. Le président résume le tout en deux lignes directrices : offrir de meilleurs services aux membres et mieux les représenter politiquement. Cinq « vœux » sont également émis par les participants de la retraite : confier à une firme spécialisée l’étude de la structure interne de l’UMQ, déménager le siège social à Québec (si l’étude interne va dans ce sens), mettre sur pied un véritable service de relations ouvrières, modifier la procédure des congrès en se basant sur le modèle de la retraite et, finalement, faire de la fiscalité le thème du congrès annuel.

Même si la majorité du conseil d’administration est satisfaite des résultats de cette expérience, certaines critiques émergent. En effet, Fridolin Simard, ancien président de l’Union, déplore le ton pessimiste des discussions tenues lors de la retraite, croyant qu’on oublie trop les moyens limités des villes. Il rappelle les progrès réalisés dans les dernières années, notamment les réformes auxquelles il a participé et qui ont favorisé la régionalisation de l’Union. En réponse, ses collègues l’assurent qu’ils sont bien conscients des avancées faites par leurs prédécesseurs, mais qu’ils croient nécessaire de parler autant des bons que des mauvais côtés du travail de l’UMQ.

En fin de compte, cette retraite permet à l’Union de mieux orienter son action dans les années futures et a amorcé les réorganisations nécessaires pour optimiser son influence sur la politique provinciale auprès des villes.

Pour ne rien manquer des activités entourant le centenaire de l’UMQ, visitez régulièrement la section spéciale du site Web de l’Union au cours des prochains mois et suivez les publications à venir sur les réseaux sociaux par le biais du mot-clic #100ansUMQ.

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