Réorientation du rôle et des structures de l’UMQ face à l’essoufflement de la Révolution tranquille

La fin des années 1960 au Québec est marquée par de nombreuses transformations. Malgré le changement de gouvernement en 1966, la centralisation croissante de l’État québécois suit son cours tout au long des années 1970, que ce soit sous Robert Bourassa ou René Lévesque. Sur le plan économique toutefois, la donne change. On observe notamment la fin des Trente Glorieuses, lors du choc pétrolier de 1973, et l’entrée dans une période d’instabilité économique. Le développement accéléré de l’État québécois a entraîné l’accumulation de déficits, malgré l’augmentation significative du nombre de fonctionnaires et des revenus de l’État. Face à cette situation, Québec souhaite rééquilibrer les services en décentralisant une partie d’entre eux vers les régions. Cela implique également de nombreuses réformes des administrations provinciales, mais aussi municipales.

Devant une telle conjoncture, l’UMQ ne peut rester indifférente. Directement touchée par cette réorganisation du provincial, l’Union y voit une opportunité nouvelle pour faire valoir ses intérêts et favoriser des réformes en accord avec ceux-ci. Auparavant, l’UMQ doit toutefois amorcer au sein même de son administration certaines réformes pour moderniser sa gouvernance. Le processus débute par la recherche de locaux répondant à des besoins de plus en plus nombreux. Ainsi, en 1967, l’organisation déménage au 822 de la rue Sherbrooke Est. Puis, en 1980, l’Union cherche à se rapprocher du centre-ville de Montréal et s’établit au 315 du boulevard Dorchester. Cinq ans plus tard, l’UMQ va aussi ouvrir des locaux dans la ville de Québec, question de se rapprocher de ce qui se passe au Parlement.

Plus largement, l’UMQ cherche à réorienter son rôle auprès de ses membres, passant de la représentativité politique à l’offre de services-conseils. Sur le plan administratif, cela se traduit par l’embauche de plusieurs employés : secrétaire-général, adjoints administratifs, conseillère juridique, agent d’information, etc. On met en place une bibliothèque de références municipales sur divers sujets touchants à la réalité municipale (règlements municipaux, conventions collectives, jurisprudence, statistiques et bien d’autres). On va aussi réorganiser le service des relations ouvrières et créer un organe de communication officiel, la revue Urba.

Enfin, la nouvelle réglementation de l’Union, adoptée en 1974, modifie la procédure d’adoption des résolutions au profit des conseils municipaux. Elle change aussi le processus d’élection des administrateurs, qui sont maintenant élus lors des réunions régionales et ont un plus grand poids dans la nomination des exécutants, donnant ainsi un plus grand poids aux régions au sein de l’UMQ. Également, la durée du mandat à la présidence passe d’un à deux ans. Enfin, l’organisation change son nom pour « Union des municipalités du Québec » au lieu de « Union des municipalités de la Province de Québec ».

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