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Politique fédérale: quel bilan tirer des dernières élections?

Publié le 17 janvier 2020

Chronique de Joël Vaudeville, conseiller en communication politique et rédacteur de l’UMQ, publiée dans le magazine URBA de décembre 2019-janvier 2010.

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Si l’élection d’un gouvernement minoritaire au parlement canadien force sans aucun doute un retour aux urnes plus tôt que tard, les forces en présence à la Chambre des communes peuvent faire rêver les municipalités québécoises.

Dès le printemps 2019, les membres de l’UMQ, réunis lors de leurs assises annuelles dans la Capitale-Nationale, se sont dotés d’une large plateforme électorale qui regroupait les demandes des gouvernements de proximité. Sous le thème « De gouverne-ment à gouvernement », les municipalités sollicitaient un nouveau partenariat qui prendrait en compte la volonté d’autonomie du monde municipal pour travailler sur l’enjeu de l’heure : les changements climatiques.

Les municipalités ne se sont pas trompées. L’environnement a non seulement été au cœur de la campagne électorale, mais le sujet s’est vite imposé dans l’ensemble des formations politiques, révélant du même coup des voies de passage dans un contexte de gouvernement minoritaire. Les gouvernements de proximité ont bien fait comprendre que si l’on veut être sérieux dans nos efforts pour réduire l’empreinte écologique du Canada, le monde municipal doit être considéré comme un partenaire de première importance. Résultat des multiples représentations de l’UMQ auprès des candidates et des candidats ces derniers mois, il apparaît clair maintenant que les municipalités pourront avoir une oreille attentive des partis politiques dans les propositions qui seront débattues à la Chambre des communes.

Déjà, les municipalités peuvent compter sur les partis d’opposition, au premier chef le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique pour faire avancer certains dossiers. Les infrastructures municipales ont besoin de nouveaux investissements et le parc de logements abordables ne suffit toujours pas à la demande. Avec la balance du pouvoir entre les mains, ces deux formations poli-tiques viseraient juste à faire siennes les demandes du monde municipal.

Le discours du Trône, prononcé le 5 décembre dernier, et la composition du conseil des ministres annoncée le 20 novembre, donnent quelques indices sur la direction que prendra le Canada dans les prochains mois. Les municipalités peuvent se réjouir de l’arrivée de Catherine McKenna au ministère de l’Infrastructure et des Collectivités. Révélée à l’Environnement à la dernière législature, la députée d’Ottawa-Centre a une forte sensibilité environnementale et une bonne réputation sur la colline. Comme le souhaitent les municipalités, la jonction entre l’expérience à l’environnement de madame McKenna et ses nouvelles responsabilités aux infrastructures pourraient offrir un nouveau leadership en faveur d’un nouveau financement pour les infrastructures de transport collectif. Pour à la fois diminuer le bilan carbone canadien, mais aussi transformer nos communautés et collectivités pour les rendre plus résilientes au risque climatique, il faut que des investissements massifs et prévisibles soient au rendez-vous. Voilà un important mandat pour la nouvelle ministre.

Également, le nombre de ministères détenu par des députés en provenance du Québec (10 sur 36 !), offre un nouvel espace de discussion. Les municipalités ne tarderont pas à profiter de ce rapport de force pour établir une nouvelle relation entre le gouvernement du Canada et les gouvernements de proximité. L’UMQ porte cette demande depuis plusieurs années. L’efficacité du triangle Québec-Ottawa-municipalités peut être amélioré pour autant que les élues et élus municipaux soient considérés pour ce qu’ils sont : des responsables publics tout comme leurs collègues députés. Si la volonté poli-tique est là, une relation de gouvernement à gouvernement pourrait s’installer au bénéfice des contribuables.

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