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Napoléon Courtemanche: présider l’UMQ en temps de crise et de guerre

Montréal, le 5 avril 2019 – Né en juillet 1897 dans le quartier ouvrier de Saint-Henri et fils d’un artisan-drapier, Napoléon Courtemanche incarne bien les possibilités d’ascension sociale du début du 20e siècle. Après avoir obtenu son diplôme du Collège de Saint-Henri, il fait des études à l’École des Hautes Études commerciales de Montréal. Il obtient par la suite de nombreux emplois dans des institutions financières, notamment la Banque provinciale du Canada. Il est également membre de la Commission métropolitaine de Montréal en 1931. Enfin, il s’implique dans plusieurs associations sociales : la Société Saint-Jean-Baptiste, les Chevaliers de Colomb, le Club de Réforme, le Montreal Club et l’Association catholique de la jeunesse canadienne-française.

C’est en 1931 qu’il fait le saut en politique municipale. Il est alors élu échevin de la municipalité de Montréal-Est. À partir de 1933, il occupe la fonction de maire, poste qu’il occupera pendant près de 20 ans. Son engagement à l’UMQ commence en 1936 alors qu’il est nommé deuxième vice-président. Gravissant rapidement les échelons, il succède en 1938 à Anatole Carignan, dont le règne dure moins d’un an, et devient le troisième président de l’Union.

Toutefois, l’arrivée de Courtemanche à la présidence survient en pleine période de crise au Québec. En effet, plusieurs défis attendent le nouveau président alors que l’Union voit partir des membres fondateurs comme Joseph Beaubien et T.-D. Bouchard et doit travailler avec un nouveau collaborateur au provincial, l’Union nationale de Maurice Duplessis. Sur le plan économique, les effets du Krasch boursier de 1929 se font toujours sentir en 1938 et nécessitent de nombreuses actions concrètes de la part des gouvernements. En ce sens, Courtemanche se joint en 1940 à une délégation de maires des Cantons-de-l’Est qui doit aller rencontrer le premier ministre Adélard Godbout pour obtenir plus d’aide dans leur lutte au chômage. En 1941, il fait aussi partie d’un comité de l’UMQ devant faire des revendications auprès du gouvernement provincial quant à la refonte des lois d’assistance publique. Il faut dire que la question de l’assistance aux chômeurs a animé de nombreuses discussions lors des réunions de l’exécutif et des assises annuelles de l’Union durant les années 1930.

Le contexte de guerre constitue aussi un obstacle important aux activités de l’UMQ. Courtemanche doit affronter des gouvernements peu réceptifs aux problèmes municipaux en raison de nécessités plus urgentes. Ainsi, en 1940, le président de l’Union, à la tête d’une délégation de près de 300 membres du monde municipal, ne parvient pas à obtenir un appui concret du gouvernement Godbout. Les activités de l’Union s’en trouvent diminuées au point où l’avenir de l’Union est mis en péril au plus fort du conflit mondial. La fin de la guerre amènera néanmoins un regain d’énergie au sein de l’Union et un certain redressement de ses affaires.

Courtemanche, dont la présidence prend fin en 1944, a donc fait au mieux de ses capacités face à tant d’adversité et a permis à l’UMQ de passer au travers de cette période tourmentée.

Pour ne rien manquer des activités entourant le centenaire de l’UMQ, visitez régulièrement la section spéciale du site Web de l’Union au cours des prochains mois et suivez les publications à venir sur les réseaux sociaux par le biais du mot-clic #100ansUMQ.

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