L’UMQ, le gouvernement du Québec et le dossier de la pollution des eaux.

Montréal, le 3 mai 2019 -Durant la seconde moitié du 20e siècle, l’impact de l’activité humaine sur l’environnement commence à faire de plus en plus réagir, surtout concernant les dangers du nucléaire et de la pollution. Dans les années 1960, on commence aussi à s’intéresser aux émissions de carbone issues de la combustion fossile : voitures, machineries et industries sont alors diabolisées par les groupes écologiques naissants. Bref, les sociétés de consommation occidentales voient peu à peu l’impact de leur mode de vie sur l’environnement.

Moins touchées qu’ailleurs par les catastrophes environnementales et les enjeux écologiques, les municipalités québécoises font quand même face à des défis considérables. Parmi ceux-ci, il y a la question de la pollution des eaux. En effet, plusieurs villes riveraines sont victimes de cette problématique, qui dégénère parfois en controverse régionale dépendamment de l’ampleur de la contamination et du nombre de municipalités touchées. Plus généralement, la question des systèmes d’égouts et de leur impact sur les cours d’eau suscite également des inquiétudes.

L’UMQ se saisit de ce dossier dès le début des années 1950. Elle talonne le gouvernement Duplessis sur la question, qui se montre plutôt inconstant dans ce dossier. Par exemple, en 1958, on apprend que le juge A. Marchand, membre du comité formé en 1955 par le gouvernement pour étudier le problème de la pollution des eaux, est décédé depuis près d’un an, mais n’a toujours pas été remplacé. D’ailleurs, depuis sa mort, les travaux du comité ont quelque peu stagné. Dans une résolution adoptée à l’unanimité et adressée au premier ministre, le bureau de direction de l’Union demande, d’une part, qu’un directeur de l’UMQ soit nommé comme remplaçant du juge Marchand sur le comité et, d’autre part, que le comité hâte « la publication d’un rapport sinon final du moins préliminaire sur cet important problème ».

Puis, au début de 1960, alors que l’Union nationale est toujours au pouvoir, l’Union exprime sa satisfaction face aux efforts mis par le gouvernement dans le dossier de la pollution des eaux au cours de la dernière année. Les directeurs vont même jusqu’à offrir au gouvernement leur entière coopération dans les travaux entrepris et pouvant mener à l’adoption d’une loi sur le sujet.

Toutefois, plus tard dans l’année, le changement de garde à Québec et l’arrivée d’un gouvernement Lesage plus entreprenant et centralisateur provoque des inquiétudes du côté de l’UMQ. En effet, on déplore la rigidité de l’État dans l’application possible de la Loi de la régie de l’épuration des eaux de même que l’attitude du gouvernement, qui semble faire fi des moyens financiers des villes et des spécificités régionales. Malgré ses bémols, l’Assemblée nationale crée le 10 juin 1961 de la Régie d’épuration des eaux.

Ce débat n’est que le premier d’une série concernant l’environnement et auxquels participera l’Union, maintenant plus sensibilisée à ce genre de problèmes.