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L’UMQ à la Commission Lapointe

Les années 1930 sont marquées par le krach boursier de 1929 aux États-Unis, qui a des répercussions économiques majeures à l’échelle mondiale. Le Québec n’y fait pas exception. Les municipalités, dans ce contexte, vivent une période sombre. Les relations entre elles et le gouvernement provincial sont tendues, mais l’UMQ poursuit son travail et demeure une alliée du gouvernement libéral de Louis-Alexandre Taschereau.

Un dossier qui retient l’attention des membres de l’UMQ durant cette période est celui de l’électricité. Il est grandement sujet à débats depuis le début du 20e siècle, notamment du fait que sa production et sa distribution sont gérées par le secteur privé. Les municipalités trouvent que ces compagnies imposent des tarifs élevés tout en n’offrant pas de service de qualité. Surgit alors l’idée de la municipalisation de l’électricité, pour combattre les monopoles de la province. L’UMQ, à travers la voix de T.-D. Bouchard, travaille d’arrache-pied dès 1932 pour mettre fin à cette situation. On forme un comité chargé de défendre les intérêts des municipalités face aux compagnies privées. Les membres de ce comité sont les maires de villes qui sont propriétaires de leur réseau électrique. Ensemble, ils organisent plusieurs conférences lors des assises annuelles de 1932 pour informer les membres de l’Union de la pertinence de la municipalisation du réseau électrique. Les compagnies privées, voyant l’engouement des villes, vont rapidement abaisser leurs tarifs. Mais les efforts de l’UMQ poussent aussi le gouvernement provincial à mettre sur pied une commission d’enquête en 1934 sur les monopoles en matière d’électricité. Dirigée par Ernest Lapointe, la commission a le mandat d’investiguer sur les tarifs imposés par les compagnies privées, de s’interroger sur les bienfaits de la municipalisation de l’électricité et sur les mesures à adopter pour favoriser l’électrification des campagnes.

Bouchard est très actif au sein de cette commission. Ses interventions, d’une durée totale de dix-huit heures, mettent de l’avant plusieurs objectifs de l’Union. Il défend vigoureusement la municipalisation et critique le gouvernement provincial (dont il fait partie), qui n’a pas assez mis de l’avant ce projet. Affirmant qu’il ne veut pas mettre un terme aux activités des compagnies privées, il souhaite plutôt que le gouvernement rétablisse la saine concurrence en organisant lui-même ses usines et son réseau de distribution. Poursuivant sa lancée, il met de l’avant les nombreux bénéfices de l’électrification rurale. On remarque ici que l’UMQ tente d’élargir, par le biais de l’électricité, l’influence économique du monde municipal. Si, finalement, la Commission Lapointe recommande la création d’un organisme de contrôle des tarifs (la Régie provinciale de l’électricité), ce n’est qu’au début des années 1960 que le dossier de l’étatisation de l’électricité revient sur la table.

Pour ne rien manquer des activités entourant le centenaire de l’UMQ, visitez régulièrement la section spéciale du site Web de l’Union au cours des prochains mois et suivez les publications à venir sur les réseaux sociaux par le biais du mot-clic #100ansUMQ.

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