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L’évolution des relations entre l’UMQ et le gouvernement provincial dans les années 1970

Depuis ses débuts, l’UMQ entretient des rapports plus ou moins constants avec le pouvoir provincial. Après chaque congrès annuel, l’Union fait parvenir au gouvernement les résolutions adoptées par les membres. De plus, Québec subventionne de manière substantielle l’organisation municipale. Ce financement s’élève à 25 000$ en 1975, mais atteint 116 000$ en 1981. Toutefois, au tournant des années 1970, l’État québécois poursuit le développement de ses structures amorcé au début des années 1960. Cette complexification et cette croissance offrent à l’Union de nouvelles opportunités d’interagir avec l’État.

Ainsi, lors des campagnes électorales, les chefs des différents partis politiques prennent l’habitude de s’asseoir avec les représentants de l’UMQ et écoutent leurs revendications. Ce geste démontre une plus grande appréciation du pouvoir municipal, qui a une certaine influence sur les électeurs. Cette rencontre permet aussi aux partis d’établir leur taux de popularité chez les élus municipaux. D’ailleurs, le gouvernement du Québec fait valoir durant ces années son intention à collaborer davantage avec toutes les parties concernées. L’Union interprète ce message comme une invitation claire à participer aux différents débats entourant ce qu’elle considère un enjeu local ou municipal. Il faut toutefois mentionner que les municipalités et le gouvernement n’ont pas la même vision de ce qui concerne ou non les villes, entraînant parfois des tensions.

Ces frictions ne font qu’augmenter avec l’arrivée du gouvernement Bourassa en 1970. Pourtant, l’UMQ avait espoir que le retour des Libéraux au pouvoir serait synonyme de rapports harmonieux. En effet, l’ancien président de l’Union, Maurice Tessier, est nommé ministre des Affaires municipales en 1970 et nomme comme chef de cabinet Paul Blier, ancien secrétaire général de l’UMQ. De plus, en 1973, le gouvernement Bourassa répond aux exigences des municipalités et crée le comité consultatif permanent provincial-municipal, qui réunit l’UMQ, l’Union des conseils de comtés du Québec et le ministère des Affaires municipales à la même table pour parler d’enjeux touchant les gouvernements locaux. Pourtant, en 1971, Jean Drapeau n’est pas tendre avec le gouvernement provincial qui, à ses yeux, traite les municipalités comme « des rivales quand ce n’est pas des pauvres à aider ». Ainsi, le 6 mai 1972, le conseil d’administration de l’Union reçoit le ministre Tessier « pour harmoniser les relations » entre l’UMQ et le ministère. En 1973, le président de l’organisation Jacques Tétreault, maire de Laval, reproche au gouvernement de « ne rien faire pour améliorer le sort du contribuable municipal ». Ces nombreuses impasses avec le gouvernement entraînent même des tensions internes au sein de l’Union. Prenons le cas du maire de Granby, Paul O. Trépanier. Que ce soit durant les assises annuelles ou dans les médias, Trépanier ne se gêne pas pour critiquer la façon de faire de l’UMQ, l’invitant à durcir le ton face à Québec.

L’arrivée au pouvoir du Parti québécois maintient cette tension. En effet, sa posture indépendantiste n’est guère populaire chez les élus municipaux. De plus, le gouvernement Lévesque enclenche de nombreuses réformes municipales et amène l’UMQ à combattre pour garder son autonomie. Bref, les années 1970 sont synonymes d’interaction croissante, mais aussi de divergences multiples entre l’Union et le gouvernement provincial.

Pour ne rien manquer des activités entourant le centenaire de l’UMQ, visitez régulièrement la section spéciale du site Web de l’Union au cours des prochains mois et suivez les publications à venir sur les réseaux sociaux par le biais du mot-clic #100ansUMQ.

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