La population du Québec d’ici 2066 : une croissance qui se poursuit, mais qui ralentit

Si les tendances démographiques récentes se maintiennent, la population du Québec devrait passer de 8,4 millions d’habitants en 2018 à 9 millions d’habitants en 2030, et s’élever à près de 10 millions en 2066. Sur un horizon de 50 ans, le Québec ne connaîtrait donc pas de déclin de sa population totale, mais un ralentissement graduel de sa croissance. Ces résultats sont tirés de l’édition 2019 des Perspectives démographiques du Québec et des régions, 2016-2066, diffusées par l’Institut de la statistique du Québec hier à l’occasion de la Journée mondiale de la population.

Le vieillissement de la population – une tendance de fond

La structure par âge de la population subira des changements importants sur la période de projection. Signe d’une population vieillissante, la croissance démographique se concentrera dans le groupe des 65 ans et plus. De la hausse totale de 1,7 million de personnes attendue au Québec entre 2016 et 2066, le groupe des 65 ans et plus augmenterait à lui seul de 1,3 million. La population des 20-64 ans, souvent utilisée pour représenter le bassin de main-d’œuvre potentielle, devrait diminuer légèrement jusqu’en 2030, avant de remonter un peu au-dessus de l’effectif actuel.

Faits saillants pour le Québec

Le scénario de référence de l’édition 2019 s’appuie sur des hypothèses poursuivant les tendances démographiques observées récemment. Par rapport à l’édition 2014 des perspectives démographiques du Québec, l’édition 2019 revoit légèrement à la baisse la croissance projetée. En lien avec les tendances les plus récentes, les hypothèses de fécondité et d’espérance de vie ont été légèrement rabaissées, tandis que l’hypothèse d’accroissement migratoire (regroupant les mouvements internationaux et interprovinciaux) a été un peu rehaussée.

  • Dans un contexte de vieillissement démographique de plus en plus accentué, le nombre de décès devrait augmenter et surpasser le nombre de naissances au début des années 2030. La croissance de la population serait alors soutenue par l’accroissement migratoire. Le taux d’accroissement annuel de la population passerait ainsi d’environ 1 % actuellement à moins de 0,3 % à partir des années 2040.
  • La population âgée de 65 ans et plus passerait de 1,5 million en 2016 à plus de 2,7 millions en 2066. La part des aînés dans la population totale pourrait ainsi passer de 18 % en 2016 à 25 % dès 2031, et atteindre 28 % en 2066.
  • Le nombre de personnes de 85 ans et plus pourrait pratiquement quadrupler, passant de 188 000 en 2016 à 736 000 en 2066. Le Québec pourrait compter 45 000 centenaires en 2066, comparativement à environ 2 000 en 2016.
  • Le groupe des 20-64 ans passerait de 5,0 à 4,9 millions entre 2016 et 2031, pour ensuite remonter à 5,2 millions en 2066. La part des 20‑64 ans, quant à elle, est appelée à diminuer : elle passerait de 61 % en 2016 à 54 % en 2031, et à 53 % en 2066.
  • Les jeunes de moins de 20 ans verraient leur nombre se maintenir entre 1,7 et 1,9 million au cours de la période 2016-2066; leur part déclinerait légèrement de 21 % à 19 %. Le nombre de personnes de 65 ans et plus devrait surpasser celui des jeunes de moins de 20 ans dès 2022.
  • Le rapport de dépendance démographique, soit la somme des jeunes (0-19 ans) et des aînés (65 ans et plus) par rapport à la population de 20-64 ans, est voué à augmenter rapidement en raison de la hausse du poids démographique des aînés. Alors qu’en 2016, on comptait 64 jeunes et aînés pour 100 personnes de 20-64 ans, le rapport serait de 89 jeunes et aînés pour 100 personnes de 20-64 ans en 2066.
  • Globalement, l’âge moyen de la population québécoise passerait de 41,9 ans en 2016 à 46,4 ans en 2066.

Faits saillants pour les régions

  • Onze des dix-sept régions administratives du Québec continueraient de croître d’année en année jusqu’en 2041. Laval et les Laurentides pourraient connaître les augmentations les plus marquées, soit 22 % chacune.
  • Quatre régions du Québec compteraient moins d’habitants en 2041 qu’en 2016, soit la Côte-Nord (- 15 %), la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (- 9 %), le Bas-Saint-Laurent (- 6 %) et le Saguenay-Lac-Saint-Jean (- 6 %). Deux régions ne connaîtraient qu’une très faible variation de leur population d’ici 2041, soit la Mauricie et l’Abitibi-Témiscamingue.
  • La population des 65 ans et plus serait en forte croissance dans toutes les régions administratives, alors que celle des 20-64 ans serait en baisse dans la plupart des régions, conséquence du passage des générations nombreuses du baby-boom d’un groupe à l’autre.
  • Seules Montréal, Laval et le Nord-du-Québec pourraient voir augmenter, d’environ 10 %, l’effectif des 20-64 ans. Dans toutes les autres régions, une diminution devrait être observée, qu’il s’agisse de quelques années d’ici 2031 ou d’une diminution continue sur les 25 années de la projection. En ce qui concerne la part des 20-64 ans dans la population totale, elle devrait être en baisse dans toutes les régions.
  • Toutes les régions compteraient un nombre d’aînés plus élevé en 2041 qu’en 2016, la hausse variant de 40 % à 115 %. Quant à la part des aînés dans la population totale, elle serait de plus de 33 % en Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, au Bas-Saint-Laurent et en Mauricie. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean suivrait de près avec 32 %.

Suivez-nous