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Intervention remarquée de Joseph-Omer Asselin au congrès de 1951

La période d’après-guerre au Québec est marquée par les multiples mandats du gouvernement unioniste de Maurice Duplessis et, plus particulièrement, par son combat avec Ottawa pour un meilleur partage fiscal. L’inflexibilité dont il fait preuve dans ce dossier se reflète dans son attitude générale face aux municipalités durant les années 1950. Ainsi, le 27 décembre 1950, Duplessis accueille une délégation de l’UMQ dans une ambiance peu chaleureuse pour recevoir leurs résolutions annuelles. Le journal Le Devoir publie le lendemain un article rapportant en détail la rencontre, de même que les critiques sévères du premier ministre concernant les demandes de l’Union. Par exemple, il ne se gêne pas pour reprocher aux municipalités leur hypocrisie lorsqu’elles veulent instaurer un régime d’assurance pour les employés municipaux, alors qu’elles se plaignent constamment de manquer de revenus. Dans les années qui suivront, cette rencontre annuelle n’a parfois même pas lieu. Malgré les efforts de l’UMQ pour entrer dans les bonnes grâces du gouvernement, Duplessis continue à se montrer difficile d’approche.

Cette mauvaise relation avec l’État québécois met des bâtons dans les roues de l’Union concernant son principal dossier de l’époque, soit la question du financement municipal. Cet enjeu remonte à la Grande Dépression des années 1930 et à l’incapacité de certaines municipalités à répondre aux problèmes de chômage. La Commission Rowell-Sirois, chargée de revoir la distribution des compétences au sein de la fédération canadienne, remet son rapport en 1940, mais ne répond pas vraiment aux revendications des villes. Ainsi, lors du congrès annuel de 1951, l’enjeu ressurgit dans les allocutions. Celle de Joseph-Omer Asselin retient le plus l’attention. Il faut dire qu’Asselin, en tant que président de la Commission métropolitaine de Montréal et membre de l’exécutif de l’UMQ, est une personnalité importante et influente du monde municipal. Ainsi, à ses yeux,  les « gouvernements provinciaux pourraient alléger le fardeau budgétaire des municipalités en prenant à leur charge le coût de certains services sociaux, ou, à défaut de cela, ils pourraient partager, avec les municipalités, le revenu de certaines taxes que la province perçoit ». Asselin, qui demeure toutefois lucide, ajoute que la situation actuelle, aussi défavorable soit-elle, ne semble pas sur le point de changer et qu’il faut malheureusement s’en accommoder. En effet, concernant cet enjeu, Duplessis se montre évasif et stipule que le tout sera réglé à la suite du bras de fer avec Ottawa sur la question fiscale.

Cette difficulté qu’a l’UMQ à interagir avec le gouvernement de l’Union nationale a donc un impact concret sur le succès des démarches de l’UMQ. Il faudra la mise sur pied de la Commission Tremblay, en 1953, pour que le débat soit relancé et que les revendications de l’Union aient un véritable écho.

Pour ne rien manquer des activités entourant le centenaire de l’UMQ, visitez régulièrement la section spéciale du site Web de l’Union au cours des prochains mois et suivez les publications à venir sur les réseaux sociaux par le biais du mot-clic #100ansUMQ.

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