Idola Saint-Jean

Montréal, le 6 mars 2019 – Née le 19 mai 1880 à Montréal, Idola Saint-Jean est une pionnière dans la lutte pour l’obtention du droit de vote des femmes au Québec. D’abord actrice, elle devient professeure de français à l’Université McGill et professeure de diction au Monument-National et au Mechanics’ Institute of Montreal. Membre active de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, elle amorce son engagement pour le suffrage féminin au Québec, aux côtés de Marie-Gérin-Lajoie et d’Anna Marks Lyman.

Après une rencontre avec le premier ministre Louis-Alexandre Taschereau en 1922, où plus de 400 femmes se sont déplacées à Québec pour militer en faveur du projet de loi octroyant le droit de vote aux femmes, le premier ministre coupe court aux débats en chambre et relègue le projet aux oubliettes. Qu’à cela ne tienne, Saint-Jean récidive en 1927 en mettant sur pied l’Alliance canadienne pour le vote des femmes du Québec, et poursuit son engagement envers la reconnaissance de ce droit.

C’est dans le cadre de son engagement au sein de l’Alliance qu’Idola Saint-Jean participe à la convention annuelle de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) en 1927. Prenant la parole devant les délégués de l’Union, elle recommande aux élus de demander des modifications au code municipal pour que les femmes séparées de biens et propriétaires puissent voter au niveau municipal, droit étant déjà reconnu pour les veuves. Cette revendication va de pair avec la campagne qu’elle mène pour obtenir le droit de vote universel à Montréal, mais les représentants de l’Union sont réticents à prendre position sur le sujet. Un vote doit en effet avoir lieu au conseil législatif de la métropole, et on semble vouloir mettre le dossier de côté à l’Union afin de connaître le résultat du vote. Refusé de peu par le conseil législatif de Montréal, l’UMQ ne prendra finalement pas de décision sur le sujet, et le projet tombe dans l’oubli.

Saint-Jean poursuivra sa lutte au sein de l’Alliance canadienne pour le vote des femmes, allant chaque année à Québec pour présenter et militer en faveur de projets de loi sur le suffrage féminin. En participant à la Commission Dorion en 1929, elle contribue à l’obtention d’acquis qui, bien que mineurs, font avancer peu à peu le mouvement féministe. Montréal, après avoir précédemment refusé le droit de vote féminin, permet, grâce à un amendement à la charte de la ville, à toutes les Montréalaises de voter aux élections municipales. Chemin faisant, cet événement culminera sous le gouvernement libéral d’Adélard Godbout en l’obtention du droit de vote féminin provincial en 1940, soit 22 ans après celui du palier fédéral. Cependant, les femmes devront patienter encore plus longtemps pour voter au niveau municipal, la grande majorité des municipalités ne rendant progressivement ce droit possible qu’entre 1968 et 1974.

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