Partager

Dépôt du mémoire de l’UMQ à la Commission Tremblay

La Commission Tremblay, mise sur pied par le gouvernement Duplessis le 12 février 1953, se penche sur les relations entre le gouvernement fédéral et les provinces. Le premier ministre Duplessis y voit là une arme capable de lui donner l’avantage dans son combat avec Ottawa sur la question de l’autonomie provinciale. Toutefois, plusieurs des revendications présentées devant les commissaires traitent plus largement du progrès général du Québec et touchent donc à plusieurs domaines variés.

Parmi celles-ci figureront celles de l’UMQ, qui prend cette commission très au sérieux. Pour elle, c’est à la fois une occasion de promouvoir ses revendications dans le but d’avoir une influence sur les décisions de l’État et une chance de faire connaître sa mission au grand public. Pour cette raison, elle mandate Charles-Napoléon Dorion, maire de Courville, d’orchestrer la création d’un mémoire devant être soumis à la commission. Dorion s’adjoint l’aide de quelques collègues ainsi que de plusieurs experts, principalement des économistes. Le concours de ces derniers vise à offrir un portrait détaillé et réaliste de la situation économique des municipalités québécoises. L’Union investit des sommes considérables, soit près de 20 000$ (aujourd’hui un peu moins de 200 000$), dans les recherches entourant la rédaction du mémoire. Un peu plus d’un an plus tard, le 21 juin 1954, l’UMQ dépose devant les commissaires un mémoire constitué de onze volumes, soit le plus substantiel que reçoit la Commission.

Parmi les revendications figurant dans cet épais document, plusieurs ressortent du lot. Pour ce qui est des compétences municipales, on prône une décentralisation des pouvoirs et des revenus favorable aux pouvoirs locaux. À cet égard, on justifie cette demande par le contexte changeant de la société québécoise : les prévisions quant à l’urbanisation et à la démographie sont à la hausse, ce qui aurait pour conséquence de voir les dépenses des villes augmenter considérablement. Concernant les autres paliers de gouvernements, le mémoire rappelle les rôles importants que jouent le fédéral et le provincial dans le domaine municipal : le premier se doit de coordonner les ressources entre les différents paliers alors que le deuxième remplit un rôle de surveillance et d’arbitrage par le biais de la Commission municipale.

En attendant que la commission termine ses travaux, l’UMQ diffuse massivement les recommandations de son mémoire à travers son réseau, cherchant à faire connaitre ses positions. Une fois le rapport de la commission Tremblay déposé et rendu public, l’Union constate que le rapport ne propose aucune mesure concrète pour le domaine municipal, à la grande déception des élus municipaux. Il reste que ce mémoire, véritable somme des enjeux municipaux et revendications de l’Union, sera utilisé dans plusieurs autres débats. Sa rédaction a aussi contribué à moderniser son action face aux gouvernements, notamment par l’embauche d’experts et la collecte de données variées et détaillées sur les enjeux concernés.

Pour ne rien manquer des activités entourant le centenaire de l’UMQ, visitez régulièrement la section spéciale du site Web de l’Union au cours des prochains mois et suivez les publications à venir sur les réseaux sociaux par le biais du mot-clic #100ansUMQ.

Suivez-nous