Création d’un service de « relations industrielles »

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) fait face à des défis importants à l’aube des années 1960. L’arrivée au pouvoir du premier ministre Jean Lesage et de son « équipe du tonnerre » laisse présager plusieurs réformes sociales majeures, lesquelles susciteront une certaine appréhension de la part des membres de l’Union. D’autant plus que, depuis le début des années 1950, l’UMQ se modernise en tant que regroupement, se dotant notamment de ressources humaines dans le but d’augmenter les services offerts aux municipalités, dans un contexte d’urbanisation renouvelé et accéléré.  

C’est dans cette optique qu’est mis sur pied le service de « relations industrielles », qui a pour mandat d’offrir aux municipalités des ressources lors de négociations syndicales avec ses employés. Bien que ne faisant pas l’unanimité auprès des administrateurs de l’Union, ce service s’inscrit dans l’essor des syndicats au sein de la fonction publique et parapublique caractéristique des années 1960.

En effet, après un mouvement d’envergure auprès des ouvriers qualifiés dès 1850, puis des ouvriers semi-qualifiés à partir des années 1930, le syndicalisme gagne les fonctionnaires de l’État, qui cherchent à se faire reconnaître le droit de négocier leurs conditions de travail et le droit de grève, tous deux déjà reconnus à d’autres employés de la fonction publique, tels les enseignants, depuis le milieu des années 1940. Pour occuper le poste de directeur du service, le conseil d’administration de l’Union fait confiance à Arthur Matteau, qui auparavant occupait un poste similaire auprès de l’Association professionnelle des industriels.

Les différents dossiers qui occupent Matteau au cours de son mandat sont controversés au sein même des membres de l’Union. Le cas des négociations entre la Cité de Sainte-Thérèse et les contremaîtres de la ville en 1961 est l’un de ces cas polarisants. Il illustre bien la position ferme de l’UMQ face à la vague de syndicalisation qui touche les employés municipaux. Concevant les syndicats comme portant atteinte à l’autonomie municipale, Matteau milite pour que l’Union épaule Sainte-Thérèse devant les tribunaux pour freiner le mouvement syndical des contremaîtres.

Si dans ce dossier les administrateurs décident d’appuyer la municipalité, l’Union nuancera sa position au cours des années suivantes, en soumettant des mémoires au gouvernement provincial où elle mentionne qu’elle ne s’oppose pas nécessairement aux syndicats en milieu municipal, mais que ces syndicats ne devraient pas fonctionner de la même façon qu’en milieu privé. Quoi qu’il en soit, Matteau sera en charge de divers dossiers concernant les relations de travail jusqu’en 1969, alors qu’il est convenu de mettre fin à l’association entre lui et l’Union.

À partir des années 1970, l’UMQ redéfinit ses politiques d’organisation sur les relations de travail. Ainsi, elle cesse dès 1972 d’intervenir dans les négociations entre les municipalités et leurs employés, et transforme le service de « relations industrielles » en Service des relations ouvrières, qui s’assure principalement d’analyser les conventions collectives ratifiées dans le cadre des négociations syndicales.

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