Création de la Commission municipale du Québec

Le krach boursier de 1929, marquant le début de la Grande Dépression à l’échelle mondiale, vient freiner la courte période de prospérité économique des années 1920. Le Québec, un peu à retardement, est lui aussi affecté par la crise au cours des années 1930. Dans cette perspective, les municipalités peinent à secourir le nombre grandissant de chômeurs au sein de leur population. Ayant effectué des emprunts importants au cours de la décennie précédente, la plupart d’entre elles se retrouvent dans une situation de surendettement, devant à nouveau emprunter pour pouvoir offrir les services de base à ses citoyens. En conséquence, une vingtaine de villes font faillite au début des années 1930, et plusieurs autres sont à risque de subir le même sort.

C’est alors que le premier ministre provincial Louis-Alexandre Taschereau met sur pied la Commission municipale du Québec en 1932, un organisme qui a pour fonction de contrôler et de surveiller les finances municipales. On lui octroie de grandes responsabilités, notamment d’approuver les emprunts, et la possibilité de mettre une municipalité en tutelle et d’en restructurer les finances. L’UMQ, malgré la perte d’autonomie qu’elle représente, voit cette Commission d’un bon œil, vu l’ampleur de la crise. Si ses débuts sont quelque peu tumultueux (l’UMQ déplore le peu d’expertise des premiers employés de la Commission), elle demeure assez active, exerçant sa tutelle sur plus de 70 municipalités du Québec au cours de cette première décennie d’existence.

C’est Oscar Morin qui prend la tête de la Commission en 1932. Bien connu de l’Union (il est sous-ministre des Affaires municipales depuis 1918), il participe à plusieurs conventions annuelles et entretient depuis la création de l’UMQ de bonnes relations avec ses membres. Sa démission deux ans plus tard voit cependant l’arrivée à la Commission de Ludger-Eugène Potvin, également sympathique aux membres de l’Union. Au total, il passera une dizaine d’années à la tête de l’organisme, assurant ainsi une stabilité et un lien de confiance entre la Commission et les municipalités. Si la situation économique mondiale se redresse vers la fin des années 1930, la Commission demeure tout de même active par la suite, notamment lors de la Seconde Guerre mondiale. Les municipalités, devant l’effort de guerre déployé, doivent diminuer les dépenses non reliées à la production de guerre, et, de façon plus générale, tenter d’économiser le plus possible. Après le départ de Potvin, qui devient en 1944 le second président d’Hydro-Québec (après T.D. Bouchard, membre fondateur de l’UMQ), la Commission poursuit ses activités malgré la période de prospérité économique des Trente Glorieuses (1945-1973). En 1962, cependant, le sous-ministre des Affaires municipales, auparavant membre de facto de la Commission, se voit perdre son poste d’office. Ce faisant, la Commission devient, et demeure encore aujourd’hui, le seul organisme provincial indépendant entièrement dédié au monde municipal.

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