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Congrès annuel de l’UMQ en 1955

La période d’après-guerre en Amérique du Nord est souvent associée à une prospérité sans précédent. Pourtant, durant ces « Trente Glorieuses », le marché nord-américain n’est pas à l’abri de courtes récessions, plus précisément en 1949, en 1953-54 et en 1957-58. Ces perturbations économiques affectent particulièrement les villes, qui sont en première ligne face à des problèmes comme le chômage et l’apparition de milieux et de logements insalubres. Une résolution prise par l’UMQ en 1949 paraît même assez surprenante puisqu’elle stipule que le « congrès demande avec insistance au gouvernement fédéral et au gouvernement provincial de dresser immédiatement un programme de travaux publics, travaux qui devraient être mis en marche dès que le chômage se fait fortement sentir dans n’importe quelle partie de notre province ». On a l’impression d’être revenu au début des années 1930 en pleine dépression! La préoccupation pour les logements insalubres est notamment associée à des cas comme celui de la banlieue de Ville Jacques-Cartier, qualifiée littéralement de « bidonville ».

Face à ce constat, l’UMQ cherche une façon de moderniser l’approche des municipalités dans de telles situations et se tourne ainsi vers l’expertise des urbanistes pour développer de meilleures stratégies concernant l’aménagement du territoire urbain. Elle encourage le gouvernement provincial à amorcer une transition vers une meilleure intégration de l’urbanisme dans ses politiques territoriales. Toutefois, à ses yeux, l’État provincial avance trop timidement dans cette direction, ce qui l’amène à faire de l’urbanisme un thème récurrent de ses congrès. En 1952, plusieurs conférences sont entièrement dédiées à cette question, et l’événement se conclut par l’adoption d’une résolution exigeant du gouvernement du Québec l’adoption d’une loi générale sur l’urbanisme. Cet intérêt pour l’urbanisme persiste tout au long de la décennie.

Lors du congrès de 1955, qui se déroule du 29 juin au 4 juillet, une conférence cruciale est donnée par Jean-Claude La Haye, considéré comme le père de l’urbanisme au Québec, sous le titre « L’Urbanisme et l’Administration municipale ». Habile orateur, il explique aux élus municipaux que l’urbanisme, quoique souvent associé à l’embellissement ou l’architecture paysagiste, peut aussi constituer un outil permettant « un emploi plus judicieux des revenus publics » qui contribuerait « pour une bonne part à sortir nos municipalités de leur marasme économique ». De tels arguments ont de quoi convaincre les membres de l’UMQ de l’utilité de cette expertise.

L’UMQ continue ainsi à faire pression sur le gouvernement Duplessis pour que de mesures concrètes soient mise en place à ce sujet. Elle accueille ainsi avec enthousiasme la création d’un service d’urbanisme au sein de la Commission municipale, qui était à la base une suggestion de l’Union. Également, elle relaie et appuie une résolution de l’Association canadienne d’urbanisme stipulant qu’un plan d’ensemble devrait être intégré au réaménagement de la Ville de Québec.

Pour ne rien manquer des activités entourant le centenaire de l’UMQ, visitez régulièrement la section spéciale du site Web de l’Union au cours des prochains mois et suivez les publications à venir sur les réseaux sociaux par le biais du mot-clic #100ansUMQ.

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