Bilan 2018 de l’emploi au Québec

Montréal, le 1er février 2019 – Le Bilan 2018 de l’emploi au Québec : L’émergence d’un clivage entre la métropole et les régions du Québec dévoilé par l’Institut du Québec (IDQ) révèle que le marché du travail québécois est en pleine métamorphose. L’analyse montre que d’ici 2030 le vieillissement de la population deviendra le principal frein à la croissance de l’emploi au Québec et qu’il crée un véritable clivage entre la réalité du marché du travail dans la métropole et celle des autres régions du Québec.

À la lumière de ces constats, une évidence s’impose : les politiques publiques doivent être repensées à court et moyen termes pour minimiser l’impact du vieillissement sur la croissance économique de la province et la livraison des services à la population. Le prochain budget présente une occasion pour le gouvernement du Québec de rapidement affirmer sa volonté d’amorcer un virage en ce sens.

Une solution en trois temps

Les recommandations de l’Institut du Québec se déclinent en trois volets. « Il faut tout d’abord s’affranchir des approches traditionnelles, qui reposaient sur l’obsession de créer à tout prix des emplois, soutient Mia Homsy, directrice générale de l’IDQ. Il faut ensuite tout mettre en œuvre pour établir un meilleur portrait de cette nouvelle réalité que nous comprenons encore mal. La qualité de l’information recueillie et une compréhension plus fine des nouveaux besoins du marché du travail constituent la pierre angulaire pour élaborer des stratégies gouvernementales plus efficaces. Enfin, les gouvernements doivent mettre à profit tous les leviers dont ils disposent pour atténuer les effets néfastes de ce vieillissement : accroître le bassin de travailleurs potentiels, rehausser le niveau de compétences, mieux arrimer l’offre et la demande de compétences et accélérer l’automatisation et le virage numérique. »

Bien que les impacts du vieillissement de la population soient connus depuis fort longtemps, les actions concrètes pour les minimiser – telles que l’adaptation des politiques publiques – demeurent encore timides. Face à l’ampleur du défi, le gouvernement doit donc réagir rapidement et faire preuve d’un leadership fort afin d’éviter une polarisation entre Montréal et les autres régions du Québec, puis de transformer cet enjeu en source d’opportunités.

Principaux constats

Après trois bonnes années de création d’emploi, le Québec n’en a enregistré aucune entre décembre 2017 et décembre 2018 (seul le Nouveau-Brunswick a affiché une pire performance en 2018).

Par contre, pour la première fois, le taux de chômage au Québec s’est avéré inférieur à celui de la moyenne canadienne. Cela s’explique notamment par le resserrement du marché du travail.

Ces deux résultats, en apparence contradictoires, sont un reflet des effets bien réels du vieillissement de la population.

En 2018, alors que le nombre d’emplois a crû de 30 200 à Montréal, il s’est produit l’inverse dans le reste du Québec, accusant une baisse de 30 500 emplois. Sur trois ans, c’est plus de 85 % de la création d’emploi qui est survenue dans la métropole. 

Ce clivage s’explique principalement par le contexte démographique : le vieillissement ne frappe pas de la même façon la métropole que le reste du Québec. Entre 2011 et 2017, la population âgée entre 15 et 64 ans a diminué dans les régions du Québec alors qu’elle continuait de croître dans la métropole. Cette situation n’est pas étrangère à la concentration de l’immigration à Montréal.