Armand Nadeau, bâtisseur et critique de l’UMQ

Armand Nadeau fait son entrée en politique municipale en 1948 en devenant échevin de Sherbrooke. Le 26 avril 1955, il est élu par une vaste majorité de 2 223 voix devant le maire sortant J. Émile Lévesque. Il demeure en poste pendant cinq mandats consécutifs jusqu’en 1970, un record pour la ville.

Durant son passage à la tête de la Reine des Cantons-de-l’Est, Nadeau contribue activement au développement des services et des infrastructures de la ville. D’abord, en 1957, la Ville reconvertit l’ancien bureau de poste en bibliothèque municipale. En 1960, le premier centre commercial de Sherbrooke voit le jour au coin des rues King Ouest et Lomas, prenant le nom des Promenades King. C’est aussi durant son mandat que la construction du Palais des Sports débute en 1966. L’année suivante, on donne son nom à un chalet pour les sports nautiques situé dans le parc Jacques-Cartier.

Son engagement à la tête de Sherbrooke se transpose également dans ses fonctions à l’UMQ. En effet, il intègre le bureau de direction dès son entrée en poste à la mairie en 1955. En moins de trois ans, il occupe les différentes vice-présidences, avant de devenir président de l’Union en 1957. Une fois ce mandat terminé, il demeure actif comme directeur, puis administrateur jusqu’en 1968.

Parmi ses principaux accomplissements, notons son engagement dans la lutte contre la littérature immorale, un enjeu important durant les années 1950. Au cours d’une réunion des directeurs en 1955, il propose que l’UMQ fasse établir dans chaque municipalité une ligue de moralité pour combattre ces publications jugées obscènes et l’Union favorise la création d’une fédération de ces ligues. Croyant que ce genre d’action n’entre pas dans le mandat de l’association, mais partageant l’avis de Nadeau, les autres directeurs s’entendent pour exiger de la part du bureau de censure provincial une liste des publications prohibées et de la fournir à toutes les municipalités membres. En 1960, Nadeau constate et déplore le fait que les réunions du bureau de direction de l’Union ne reçoivent pas assez de couverture médiatique et avance qu’il faudrait régler ce problème. Deux ans plus tard, l’UMQ embauche un publiciste chargé de concevoir une stratégie communicationnelle plus efficace. Dès l’année suivante, les directeurs remarquent une nette amélioration de la présence de l’Union dans les médias.

L’évidente passion de Nadeau pour le monde municipal l’amène parfois à confronter et critiquer les décisions et les positions de l’UMQ. Ainsi, en 1963, il dénonce ce qu’il perçoit comme le favoritisme de l’Union envers les petites municipalités aux dépens des intérêts des grands centres comme Montréal, Québec et, bien sûr, Sherbrooke. La même année, il dénonce aussi le recul de l’UMQ face au gouvernement Lesage et à la concession de certaines responsabilités au provincial, décrivant le tout comme un manque de détermination et de déférence au détriment des municipalités.

En résumé, l’acharnement que Nadeau dans ses projets politiques témoigne de sa passion et de son dévouement au métier de politicien municipal.

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