Anatole Carignan, un président de transition

Montréal, le 1er avril 2019 – Anatole Carignan est né dans la paroisse de Saints-Anges-de-Lachine le 7 juillet 1885. Une fois ses études au Collège commercial de Lachine terminées, il devient commis bancaire de 1902 à 1910, travaillant pour la Banque d’épargne et la Banque d’Hochelaga. Il occupe ensuite le rôle de gérant de la Compagnie industrielle générale de Lachine jusqu’à sa mort en 1952. À partir de 1947, il est aussi le curateur public du Québec. C’est d’ailleurs à Carignan que l’on doit la création du musée Le Manoir de Lachine et la fondation de la Société d’histoire régionale de Lachine.

Sur le plan politique, son engagement commence en 1915 alors qu’il est élu échevin de LaSalle. Il en devient le maire en 1921 pour une période de quatre ans. Puis, en 1930, il retourne dans l’arène politique en devenant échevin de Lachine. Dès 1933, il occupe la fonction de maire jusqu’en 1939, mais revient en poste en 1944 et y demeure jusqu’à sa mort.

Ainsi, c’est en tant que représentant de Lachine que Carignan intègre l’UMQ dans les années 1930. Cette période est marquée par de nouveaux défis émergeant dans le sillage de la Grande dépression, notamment ce qui concerne l’aide aux chômeurs. Face à cette situation urgente, Ottawa et les gouvernements provinciaux exigent beaucoup des municipalités sur le plan des ressources et du financement des programmes d’assistance. L’UMQ doit se positionner dans ce contexte. Le consensus qui s’impose est que la faible autonomie des villes les rend en quelque sorte dépendantes des problèmes causés par les gouvernements supérieurs. Lors de la convention annuelle de 1934, Anatole Carignan fait appel brillamment à ce problème en rappelant que « si, pour des causes éloignées, la crise est imputable aux dits gouvernements, on peut affirmer que l’administration municipale est moins responsable, puisqu’en tout elle relève et dépend des deux premiers gouvernements fédéral et provincial ».

Cet engagement de Carignan à l’UMQ devient plus concret en 1936 alors qu’il est élu premier vice-président de l’Union. Deux ans plus tard, il a la lourde tâche de remplacer le président fondateur Joseph Beaubien, qui démissionne après un mandat de près de 20 ans. Bien qu’il soit élu à l’unanimité, cette ascension de Carignan doit aussi être vue comme un effort de la part de l’UMQ pour créer des ponts avec le nouveau gouvernement de Maurice Duplessis, entré en poste en 1936. En effet, Carignan est élu député unioniste dans Jacques-Cartier cette année-là et représente donc un lien entre l’UMQ et le nouveau gouvernement. Toutefois, le mandat de Carignan est écourté en raison de sa nomination comme ministre de la Voirie et il est remplacé par Napoléon Courtemanche.

Somme toute, le passage de Carignan à l’UMQ a coïncidé avec plusieurs changements d’envergure : les nouveaux défis de la Grande Crise, l’arrivée des unionistes au pouvoir et le départ de membres fondateurs de l’Union. Il représente ainsi la transition d’une période d’harmonie avec le gouvernement libéral à une nouvelle dynamique d’interaction avec l’État.

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